Intégrité
Pourquoi je traite l’intégrité comme une exigence non négociable
Un graphique peut paraître soigné, moderne et convaincant tout en déformant les données. C’est pour cela que l’intégrité compte autant. Ici, la question n’est plus seulement la clarté ou la complétude. La vraie question est de savoir si la forme visuelle conduit le lecteur vers une conclusion fausse.
Dans ce chapitre, nous allons voir les règles qui protègent un graphique contre l’exagération, la distorsion et les comparaisons trompeuses.
Les règles que je range sous l’intégrité
- Règle 17. Échelle appropriée
- Règle 18. Type de graphique
- Règle 19. Qualité de la palette continue
- Règle 20. Éviter les doubles axes
- Règle 21. Base des aires
- Règle 22. Rapport hauteur/largeur cohérent
- Règle 23. Qualité des classes d’histogramme
- Règle 24. Cohérence des couleurs catégorielles
- Règle 25. Référence zéro pour les valeurs divergentes
Règle 17 : Échelle appropriée
Avec un graphique en barres, la longueur est l’encodage principal. Si la base est tronquée, la différence visuelle devient artificiellement exagérée.
- C’est l’un des exemples les plus clairs et les plus pédagogiques de mauvaise représentation visuelle.
- Dans la plupart des cas, si un graphique utilise des barres, j’attends que la base commence à zéro.

Règle 18 : Type de graphique
Je dis souvent aux étudiants que le type de graphique n’est pas d’abord un choix de style. C’est un choix de structure. L’encodage doit correspondre au type de données et à la question posée.
- Les séries temporelles appellent en général des lignes.
- Les catégories appellent en général des barres.
- Les relations appellent des nuages de points.
- Les distributions appellent des histogrammes.

Règle 19 : Qualité de la palette continue
Les palettes continues peuvent facilement tromper lorsqu’elles créent de fausses frontières ou des emphases inégales. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me méfie des palettes de type arc-en-ciel.
- Une mauvaise palette peut suggérer une structure qui n’existe pas.
- Les palettes séquentielles ou divergentes sont en général plus sûres et plus interprétables.

Règle 20 : Éviter les doubles axes
Les graphiques à double axe invitent souvent le lecteur à comparer deux formes qui ne devraient pas être comparées directement. Le simple fait de partager le même espace crée une incitation visuelle à rapprocher des échelles non comparables.
- En cours, j’utilise souvent ces graphiques pour discuter des alignements trompeurs.
- Même lorsqu’ils sont techniquement possibles, ils sont très souvent peu utiles pédagogiquement.

Règle 21 : Base des aires
Un graphique en aires ne montre pas seulement une position. Il utilise aussi une surface remplie comme preuve visuelle. La base compte donc énormément.
- Une base tronquée gonfle l’ampleur perçue.
- Je veux que les étudiants traitent les aires remplies avec la même prudence que les barres.

Règle 22 : Rapport hauteur/largeur cohérent
La forme de la figure modifie la manière dont un motif est perçu. Un graphique très large peut aplatir la variation. Un graphique très haut peut rendre les pentes dramatiques.
- Ce n’est pas un détail cosmétique.
- Le rapport hauteur/largeur peut influencer concrètement l’interprétation.

Règle 23 : Qualité des classes d’histogramme
Les histogrammes sont sensibles au choix des classes. Un mauvais découpage peut masquer une structure réelle ou créer une pseudo-structure bruyante.
- Trop peu de classes cachent la forme de la distribution.
- Trop de classes peuvent faire paraître le hasard significatif.

Règle 24 : Cohérence des couleurs catégorielles
La couleur doit porter un sens stable. Si les catégories changent de couleur sans logique claire, le lecteur peut inférer des groupes ou des contrastes qui n’existent pas.
- Si une catégorie est mise en évidence, ce choix doit être intentionnel et expliqué.
- Je ne veux pas que la logique colorielle dérive sans raison.

Règle 25 : Référence zéro pour les valeurs divergentes
Dès que des valeurs traversent zéro, la ligne de zéro devient un ancrage visuel crucial. Sans elle, les gains et les pertes deviennent plus difficiles à comparer et le sens de la variation devient moins lisible.
- Cela compte particulièrement pour la finance, les résidus et les graphiques d’écarts.
- Si un graphique porte sur des mouvements positifs et négatifs, je veux que zéro soit visuellement explicite.
